Industries culturelles

1.Aperçu du marché

La Chine est une société en évolution rapide, désireuse d'interagir avec le monde extérieur et prête à accroître sa diversité en collaborant dans le secteur des industries culturelles avec d'autres pays. Les Jeux Olympiques de 2008 à Beijing et Expo2010 à Shanghai accroissent les pressions en vue d'une plus grande ouverture du marché et du développement de ses industries culturelles.

Présentées comme un des secteurs prioritaires dans le 11e plan quinquennal (de 2005 à 2010), les industries culturelles de la Chine ont enregistré, en 2006, une valeur ajoutée de 34,40 milliards de yuan (4,53 milliards de dollars américains), tandis que la valeur totale des importations et des exportations dans ce secteur a atteint 10,32 milliards de dollars américains en 2006.

En 2005, la Chine est devenue le cinquième plus important marché d'exportation pour les biens culturels du Canada et la deuxième principale source d'importations. Globalement, la Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada pour les biens culturels, représentant environ 5 % de toutes les transactions internationales du Canada dans le domaine.

Le fait que la Chine soit entrée dans la période de transition post-OMC ouvre de nouveaux débouchés dans divers domaines des industries culturelles et servira de tremplin pour attirer des investissements. Le capital privé joue un rôle de plus en plus important dans l'industrie : par exemple, à Shanghai, sur les 186 agents d'exécution accrédités, les agents privés représentent 78 %; les capitaux privés contrôlent plus de la moitié des services en ligne ainsi que les cafés Internet. Entre-temps, les entreprises chefs de file de la Chine sont en train d'être connues à l'échelle internationale, notamment celles oeuvrant dans les industries du jeu et des médias : les sociétés Shanda (premier opérateur de jeux en Chine), The Ninth, Tencent, Focus Media, etc., sont inscrites au NASDAQ.

TV/Film/Animation

Coproduction

En raison de l'imposition de quotas pour l'importation de contenu étranger par la State Administration of Radio, Film and Television (SARFT - Administration d'État chargée de la radio, de la télévision et des films), les partenaires chinois ont indiqué que la coproduction est le meilleur moyen qui s'offre aux sociétés étrangères d'accéder au marché de la Chine, les coproductions étant reconnues comme ayant une teneur nationale par la SARFT. Au cours des trois dernières années, les producteurs canadiens ont investi activement dans la coproduction de longs métrages et de documentaires. En 2006 et 2007 (jusqu'en octobre), sept projets de coproduction de films entre le Canada et la Chine (un à titre de production officielle et les six autres à titre de productions de service) ont été enregistrés. Les coproductions télévisuelles offrent aussi des débouchés aux producteurs canadiens, notamment pour les documentaires. Le nombre de projets de coproduction devrait augmenter après la signature d'un traité de coproduction télévisuelle qui est en cours de négociation entre le Canada et la Chine [2].

Service et technologie

Les entreprises canadiennes qui possèdent un savoir-faire dans les domaines des multimédias, de la postproduction, des effets spéciaux et de la production de service peuvent tirer parti de débouchés en Chine. Par exemple, le nouveau studio Huairou de la China Group Corporation cherche à s'associer à des sociétés étrangères oeuvrant dans les domaines de la postproduction et des effets spéciaux; la postproduction de plusieurs films chinois ayant obtenu un financement important a été confiée au Canada ou à d'autres pays. La SARFT encourage aussi la création de projets conjoints dans le sous-secteur du cinéma numérique. (Les intérêts étrangers sont limités à 49 % du capital social.)

Événements clés

La participation et la présence à des événements importants dans la région s'avèrent des moyens efficaces pour accroître les contacts de réseautage et mieux comprendre les débouchés. Le Festival international du film de Shanghai, le Festival international du documentaire de Guangzhou, le Festival télévisuel du Sichuan et HK Filmart représentent tous des événements de premier ordre qui sont porteurs de débouchés.

Animation - un nouveau domaine

En septembre 2006, la SARFT a émis un nouveau règlement interdisant la diffusion de contenu d'animation étranger de 17 h à 20 h sur les chaînes de télévision chinoises. Cette mesure, destinée à protéger l'industrie de l'animation intérieure, offre de nouvelles perspectives d'éducation et de formation dans les secteurs de la coproduction et de l'animation. La première coproduction d'animation sino-étrangère de la Chine a été lancée en 2006. Le studio d'animation Jinri de Shanghai et France III y ont participé. La série d'émissions d'animation intitulée « Shaolin Wu Zan » est arrivée au sommet des cotes d'écoute (pour l'animation et les dessins animés) en France, alors qu'elle a été considérée par la SARFT comme une production chinoise intérieure.

Nouveaux médias

Aperçu

Le marché des télécommunications connaît une croissance rapide : à la fin de 2006, la Chine comptait plus de 132 millions d'internautes, 97 millions d'abonnés de services à large bande et près de 461 millions d'usagers du téléphone mobile.

Dans l'industrie du jeu, étant donné que les jeux en ligne ne peuvent être piratés et qu'ils ne sont pas soumis à des quotas d'importation, ceux-ci ont connu un essor rapide. On évalue que les recettes découlant du marché des jeux en ligne de la Chine, qui compte un nombre estimé de 31 millions d'adeptes, atteindront 25 milliards de yuan (3,2 milliards $US) d'ici 2011, soit une augmentation de 30 % par année. En 2006, le chiffre d'affaires global des jeux en ligne a totalisé 6,54 milliards de yuan (860,53 millions $US) venant de 32,6 millions d'abonnés. Avec une part de marché de 60 %, les jeux en ligne conçus localement dominent le marché.

En 2006, les ventes de jeux mobiles ont atteint 2,2 milliards de yuan, affichant un taux de croissance annuel de 150 %.

Modèle de gestion

Le modèle de gestion CSP (« Come-Stay-Pay », c.-à-d. jouer gratuitement et payer pour des articles) du jeu de rôle en ligne de grande envergure (MMORPG) connaît un succès fulgurant. Shanda Interactive Entertainment Limited, un des principaux opérateurs de jeux en ligne de la Chine, a obtenu une hausse des recettes de 10,5 % pour les jeux existants au cours du T1 de 2007, comparativement au T4 de 2006, en passant du modèle traditionnel CPS (« Come-Pay-Stay ») au modèle CSP.

Débouchés

Co-développement - Beaucoup des concepteurs de jeux de la Chine sont non seulement intéressés par la publication de contenu à l'étranger, mais par le co-développement de contenu en ligne et la création de marques reconnues à l'échelle mondiale. Par exemple, Shanda travaille en collaboration avec la société Relic Entertainment (située à Vancouver) pour co-développer et publier une version uniquement accessible en ligne du jeu de stratégie 3D en temps réel sur ordinateur Company of HeroesMC de THQ, acclamé par la critique.

Formation - L'évolution rapide de l'industrie du jeu offre des perspectives d'éducation et de formation, puisque les concepteurs de jeux locaux sont constamment à la recherche de professionnels chevronnés. Certaines entreprises, comme ZT Network, un opérateur de jeux réputé en Chine, ont mentionné qu'il est de plus en plus difficile de trouver et d'attirer de bons concepteurs de jeux, et ce, même en offrant de très bonnes conditions de rémunération.

Publication du contenu - « The World of Warcraft » a atteint un profit prodigieux sur le marché chinois par le biais d'un agent local - The 9th, un des cinq principaux opérateurs de jeux de la Chine. Les concepteurs de jeux locaux aimeraient avoir un contenu de renommée internationale. Nous sommes également au fait des ventes de jeux mobiles canadiens sur le marché chinois (principalement des jeux de casse-tête) par l'entremise d'agents.

Autre - La croissance rapide des jeux en ligne entraîne aussi des débouchés pour des industries connexes comme les télécommunications, l'Internet, l'informatique, les logiciels et l'électronique grand public.

Arts de la scène et arts visuels

Aperçu des arts de la scène

En 2005, les recettes totales du marché des arts de la scène ont atteint 2,34 milliards de yuan. En 2006, le marché des arts de la scène à Shanghai a été évalué à 709 millions de yuan, tandis que celui de Beijing a été estimé à environ 200 millions de yuan. Avec l'entrée de la Chine au sein de l'OMC, le mécanisme du marché des arts de la scène s'améliorera et le marché des arts de la scène de la Chine sera mieux intégré au reste du monde. Les Jeux Olympiques de 2008 à Beijing et Expo2010 à Shanghai rouvrent la voie au développement accru des industries des arts de la scène de la Chine et offriront des débouchés aux entreprises établies à l'étranger.

Débouchés pour les artistes de spectacle canadiens

Le Canada est reconnu à l'échelle internationale pour ses arts contemporains et numériques (danse moderne, théâtre contemporain et mises en scène multimédias). En 2006, une douzaine de groupes d'artistes canadiens ont présenté des spectacles en Chine, la plupart se spécialisant dans la musique numérique et le jazz. Ils ont été très bien accueillis par les promoteurs locaux et par le public. En règle générale, les promoteurs chinois couvriront les frais de transport et d'hébergement en Chine, ainsi que les frais des représentations. En ce qui a trait aux voyages internationaux des groupes de spectacle, ils recourront aux commandites des gouvernements étrangers (comme Promart du MAECI) et/ou des entreprises. Les principaux marchés des arts de la scène sont situés dans des villes de premier rang comme Beijing, Shanghai et Guangzhou. L'économie croissante et les infrastructures de spectacle dans des villes de deuxième rang (notamment dans la région du delta du Yangzi comme Suzhou, Hangzhou, Ningbo, Hefei, etc.) offrent de nouveaux débouchés aux artistes canadiens.

En 2007, le Cirque du Soleil a fait sa première tournée de spectacles à Shanghai, en Chine continentale, de juin à août. Ses soixante-dix représentations ont attiré près de 120 000 spectateurs, ce qui témoigne du pouvoir d'achat du marché chinois. Chaque année, au moins une douzaine de troupes de spectacle entrent sur le marché et font des profits, notamment les comédies musicales de Broadway, les ballets européens et les orchestres de renommée mondiale.

Arts visuels 

Les communautés des arts visuels, des arts médiatiques et du design de la Chine peuvent dorénavant obtenir plus facilement accès à des musées et galeries de qualité professionnelle et organiser des expositions dans de petits espaces indépendants. Comme le gouvernement a réduit son influence sur l'art d'avant-garde ainsi que les pressions occasionnelles exercées sur celui-ci, il a commencé à intégrer les arts contemporains dans les festivals, musées, expositions, etc. Il est maintenant plus facile de faire la promotion des arts visuels contemporains dans les institutions culturelles officielles.

Édition

Des débouchés s'offrent aux éditeurs canadiens qui se spécialisent dans des sous-secteurs comme les livres pour enfants et les ouvrages liés à l'apprentissage des langues, aux sciences sociales et à l'édition numérique, mais la concurrence internationale est féroce et la violation des droits de propriété intellectuelle peut poser problème. Étant donné que la plupart des éditeurs canadiens n'ont pas une présence réelle sur le marché local, ils vendent habituellement les droits d'auteur directement aux éditeurs chinois. Un exemple couronné de succès est Lingo Media, un éditeur d'ouvrages éducatifs de Toronto, qui a ouvert un bureau à Beijing et vendu plus de 100 millions de copies de son matériel d'apprentissage de l'anglais à la Chine. La Foire internationale du livre de Beijing est encore la seule foire internationale du livre en Chine et fournit une occasion de se réunir avec des homologues.            

Difficultés

TV/Cinéma/Animation

Malgré de nombreux changements prometteurs, la croissance est freinée par plusieurs obstacles : restrictions continues à l'accès aux marchés; quotas d'importation; limites imposées à la propriété des entreprises; protection inadéquate des droits de propriété intellectuelle; censure; approvisionnement centralisé (seules la China Film Group Corporation [société chinoise du cinéma] et la Huaxia Film Distribution Company [société de distribution de films de Huaxia] ont des permis d'importation); méthodes comptables et mécanismes de paiement qui peuvent entraîner d'autres difficultés pour les entreprises désireuses d'exploiter les occasions d'affaires en Chine.

Plus particulièrement, en ce qui concerne la production télévisée, la réalisation de films et la production d'animation, les quotas d'importation suivants s'appliquent :

20 films avec partage des recettes par année;

Films à marché fixe (échange des droits d'auteur) : 15 à 20 % des productions     chinoises annuelles, d'ordinaire de 30 à 50 films;

Pour les dramatiques télévisées étrangères : moins de 25 % du temps d'antenne total sur la chaîne des dramatiques; aucune dramatique à contenu étranger autorisée entre 19 h et 22 h;

Pour les documentaires télévisés : 10 à 15 % du temps d'antenne total sur les chaînes de documentaires. Les documentaires coproduits sont traités comme les documentaires nationaux.

À la fin de 2005, la nouvelle réglementation de la SARFT interdisait aux investisseurs étrangers de détenir des intérêts majoritaires dans des coentreprises du secteur audiovisuel (jusqu'à 49 % de la participation). La création de coentreprises pour la production de contenu est interdite, la SARFT encourageant la collaboration sur le plan de la technologie, comme la post-production, les effets spéciaux, etc.

Nouveaux médias

En ce qui concerne les jeux en ligne, le gouvernement a fait part de restrictions visant à réduire les « maux sociaux » entraînés par la très grande popularité des jeux en ligne chez les adolescents et les jeunes adultes. La nouvelle réglementation, qui imposera des limites d'âge et dissuadera les gens de jouer pendant plus de trois heures consécutives, est en train d'être mise en oeuvre. De plus, le capital social des entreprises offrant des jeux en ligne passera à 10 M de yuan, une augmentation de 1 M.

Pour ce qui est des jeux mobiles, le contexte commercial demeure difficile puisque les chaînes de diffusion sont dominées par de grandes entreprises de télécommunications, comme China Mobile et China Unicom. De nombreux concepteurs de jeux mobiles locaux se sont retirés des affaires au cours de la dernière année et ceux qui restent envisagent d'autres chaînes d'édition (de diffusion) comme le marché étranger et les fabricants de combinés (vente de jeux aux fabricants en vue d'une installation préalable sur les téléphones). Les concepteurs de jeux mobiles considèrent que la technologie 3G pourrait accroître le nombre de joueurs sur le marché. En revanche, certains font valoir que la réforme des chaînes d'édition (de publication) représente l'impératif majeur pour le développement de l'industrie des jeux mobiles.

Arts de la scène

Le ministère de la Culture de la Chine ainsi que les bureaux culturels aux échelons provincial et municipal se chargent de la gestion des principaux organismes des arts de la scène; ces derniers sont des partenaires importants pour les artistes étrangers qui souhaitent se produire et exposer en Chine. On signale que les processus de demande pour obtenir les permis nécessaires peuvent être chronophages et exigeants.

Les entreprises qui souhaitent se produire en Chine devraient mentionner les conditions des spectacles, y compris les exigences techniques (scène, plateaux, répétitions, etc.), les dispositions logistiques (hôtel, transport, repas, indemnités quotidiennes, services d'interprétation, etc.), les honoraires des spectacles, etc., dans leurs contrats.

Édition

La protection de la propriété intellectuelle, bien qu'elle progresse, demeure inégale. Il y a toujours des contraintes financières et technologiques ainsi qu'une certaine forme de contrôle gouvernemental sur le contenu et l'importation des publications étrangères. La Chine compte seulement six éditeurs qui ont les permis nécessaires pour importer et exporter des publications. Les investissements directs à l'étranger sont maintenant autorisés pour la publication d'ouvrages, de magazines et de productions audiovisuelles et industrielles (jusqu'à 49 % de la participation).

Pour réussir sur le marché chinois, une attention particulière doit être accordée à la réglementation des marchés, à la flexibilité des prix et à la culture organisationnelle.

Contacts au gouvernement du Canada

Consulat général du Canada à Shanghai
Courriel : shngi-td@international.gc.ca
Site Web : www.china.gc.ca

Direction générale du commerce et de l'investissement du ministère du Patrimoine canadien
25, rue Eddy
Gatineau (Québec) K1A 0M5, Canada
Site Web : www.pch.gc.ca

Sites Internet utiles

Veuillez noter que la plupart des liens sont disponibles dans la langue d'origine.

Administration d'État chargée de la radio, de la télévision et des films
Ministère de la Culture
Administration générale de la presse et des publications
Société de coproduction de films de la Chine
Festival international des films de Shanghai
Festival international des documentaires de Guangzhou
Foire internationale des arts de la scène de Shanghai
Foire internationale du livre de Beijing
China Joy

[1] Le gouvernement du Canada a préparé le présent rapport en se fondant sur des sources d’information primaires et secondaires. Il ne saurait garantir l’exactitude des renseignements que renferme ce document et il n’accorde pas forcément sa caution aux entités dont le nom y figure. Il appartient aux lecteurs de vérifier l’exactitude et la fiabilité des données fournies.

[2] Le traité de coproduction de films entre le Canada et la Chine a été signé en 1987 et ne s'applique pas aux coproductions télévisuelles. Le traité de coproduction télévisuelle sera essentiel pour permettre aux producteurs canadiens d'obtenir le statut de coproduction au Canada et de présenter une demande de financement.

Source:  Service des délégués commerciaux du Canada